Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /2009 12:49

la-comte.jpg

Beaucoup d’analystes se demandent si l’échec des négociations de Copenhague n’est pas un tantinet l’échec de l’Europe.  Il est vrai qu’outre une bonne brassée de real politik, cet échec est surtout le fait de l’entente entre les deux superpuissances actuelles : les USA et la Chine.  En gros, les deux géants se sont mis d’accord, en dehors des réunions officielles pour pouvoir continuer à polluer comme bon leur semble sans que personne ne trouve à redire.  Résultat : l’Europe, hôte de la conférence, apparaît une fois de plus comme pétri de bonnes intentions mais incapable d’imposer quoi que soit, bref moins que Frodon au Conseil d’Elrond, vous avez l’Eur-hobbit qui s’agite beaucoup et que personne n’écoute.

 

Je suis souvent pris d’une sorte de fascination pour les renversements de l’histoire. Vu son passé dominant, comment une puissance comme l’Europe peut-elle à ce point manquer d’envergure ?

Il faut sans doute ici évoquer les notions de soft power, de hard power et de smart power.

 

Pour ceux qui auraient raté un épisode dans le lexique géopolitique, voici une courte définition de ces trois termes appliquée au cas européen. 

 

Soft Power : Pour Joseph Nye, l’inventeur de ces concepts, on a quitté la politique de la carotte et du bâton depuis un certain temps.  Les décisions se prennent de plus en plus collégialement lors de conférences et de débats internationaux.  Finit le temps où les Etats imposaient leurs vues avec les canons déployés devant les murs de la cité.  Aujourd’hui d’autres facteurs sont pris en compte comme l'image ou la réputation positive d'un État, son prestige, mais aussi le degré d'ouverture de sa société, le rayonnement de sa culture et de ses idées (religieuses, politiques, économiques, philosophiques, scientifique...),… L’ensemble de ces facteurs permet à la puissance de gagner de l’importance au sein des institutions internationales, influençant les prises de position et les agendas.   

 

Hard Power : Pour autant, la puissance militaire comme source de pouvoir contraignant ou d’intimidation compte toujours tant sur le terrain qu’au niveau psychologique.  Les USA en ont bien sûr le leadership.

 

Or, il va de soi que pour se hisser sur l’échiquier des grands, il faut non seulement du soft power mais aussi du hard power.  C’est ce mélange, savamment utilisé qui permet de mettre en place ce que Hillary Clinton nomme le smart power (pouvoir intelligent), c’est la capacité à utiliser les bons leviers (militaires, économiques, culturels, scientifiques,…) au bon moment.

 

Pour redevenir concurrentiel, il faut, à mon humble avis, que :

 

1) L’Europe se dote d’une doctrine de hard power (en clair qu’elle se dote d’une armée intégrée digne de ce nom).  Pour ce faire, il faut dépasser l’expérience traumatisante de deux guerres mondiales centrées sur le territoire européen pour renouer, non pas avec la violence, mais avec la sagesse ancestrale qui veut que « si vis pacem parra bellum ».  

 

2) Qu’elle travaille son soft power (super production cinématographique européenne, séries télé de bonne qualité – à quand un Jack Bauer européen ? – mais aussi qu’elle tente de prendre le leadership dans certaines branches scientifiques, qu’elle apprenne à parler d’une seule voix claire, etc…  

 

3) Quelle puisse enfin se doter d’un pouvoir centralisé qui lui permette, in fine, de prendre des décisions rapides et impliquant toute l’ « entité européenne ». Ce n’est pas Guy Verhofstadt, l’ancien premier ministre belge qui me donnera tort, lui qui plaide une nouvelle fois pour une fédération politique suite à l’échec de Copenhague :    "Aujourd'hui, l'Europe n'est pas écoutée - n'est plus écoutée - par les grandes      puissances" et risque de devenir "la Suisse du monde".  Apparemment et heureusement  le premier président européen, Herman Van Rompuy semble être arrivé à cette conclusion et petit à petit, dans le style discret qui est le sien, veut faire prendre cette direction au géant européen. 

 

Pour garder ma référence à Tolkien, ce géant de la littérature européenne, je poserai la question suivante : l’Europe prendrait-elle enfin le chemin qui mène hors de la Comté ?

Par Morgan - Publié dans : Europe - Communauté : Europe
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 00:46

enfanthamas.jpg Des policiers britanniques mènent leur enquête jusque dans les crèches à la recherche de dangereux terroristes.  La nouvelle prêterait à sourire si elle n’était pas le fait de la police d’élite anti-terroriste.  La nouvelle prêterait à l’indignation s’il ne s’agissait pas d’une mesure probablement utile sinon indispensable.

 

En réalité, il s’agit d’un programme de prévention baptisé « prevent » et mis en place par le gouvernement britannique.  « Prevent » vise à détecter dès le plus jeune âge d'éventuels risques de radicalisation islamiste.

Concrètement, une enquête est lancée au moindre de signe de pensée radicale chez l’enfant : « dessins de ceinture d’explosif, propos sanguinaires à l’encontre de l’Occident ou des chrétiens, apologie de Ben Laden ou d’un Etat Islamique Mondial », les cas se sont déjà produits.  Le Times révèle que « l'inquiétude sur les risques de radicalisation a récemment grimpé après qu'un homme emprisonné pour avoir projeté d'enlever et tuer un militaire anglais a été surpris par une caméra de surveillance. On y voyait cet individu menacer son fils de 5 ans s'il ne répond pas correctement à ses questions. «Qui aimes-tu ?», demandait l'homme. «J'aime Oussama Ben Laden», répondait l'enfant. »

 

Si cette attention porté aux enfants par la police britannique en choquera certainement plus d’un (il est vrai qu’on peut craindre des dérives de stigmatisations), il ne faut pas sous estimer la place porté aux enfants par la pensée jihadiste.  Enfants…et mères en tant qu’éducatrice des bambins.  Récemment, le chercheur Thomas Renard mettait en ligne cet article paru dans le magazine Sada Al-Jihad, « L’éducation des enfants commence lorsqu’ils sont encore dans le ventre de leur mère. Un enfant sent l’amour de l’Islam même lorsqu’il est dans l’utérus – au travers de l’amour de la mère et de sa dévotion à la religion… Et lorsqu’elle écoute le coran de manière régulière… ses émotions sont transmises au fœtus… Cela a été prouvé par la recherche moderne ».

De même, il faut se rappeler que des groupes terroristes comme le Hamas ou le Hezbollah font des enfants un de leur public cible.  On peut citer l’exemple du site pour enfants du Hamas comportant dessins animés et jeux appelant les enfants à « se suicider et à se sacrifier pour Dieu. » et contenant aussi des chansonnettes à la gloire des martyrs comme par exemple : « Pour les héros merveilleux qui ont tués les voleurs, les occupants, les sionistes et qui sont morts pour Dieu. Ils sont les héros que le peuple glorifiera à jamais et dont les louanges seront proclamées par la bouche de millions de musulmans dans le présent et dans le futur. »

Dans ces circonstances, il semble prudent en Europe et en Occident, d’être de la plus extrême vigilance afin de détecter à temps toute dérive islamiste chez l’enfant. 

Les autorités n’ayant pas précisé leur mode d’action lorsqu’elle rencontre des lavages de cerveaux de ce type, on ne peut que souhaiter à des enfants victimes de ces cas de maltraitances psychologiques d’être pris en charge par des services compétents afin de grandir dans un autre environnement que celui de la haine anti-occidentale.

Par Morgan - Publié dans : Anti-terrorisme, contre-jihad - Communauté : Europe
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 23:22

Tout chaud, tout frais sorti en DVD, l’excellent documentaire en 6 parties : Apocalypse.  6 parties, 6 heures d’images d’archive remastérisées et colorisées pour l’occasion.  Le tout est admirablement commenté par Mathieu Kassowitz.

Allons droit au but, ces 6 épisodes sont un véritable chef d’œuvre : plongés de plein pied dans les grands événements de l’époque, la guerre est expliquée avec un sens didactique et humain remarquable.  Les grandes manœuvres, les grandes décisions, les grands personnages et les conséquences horribles de cet enfer déchaîné n’auront plus aucun secret pour vous.

Bien sûr, ces images inédites ne sont pas censurées et l’on sera parfois choqué par la brutalité des scènes montrées.  Le but n’était pas de faire dans l’esthétisme (quoique ce film soit admirablement monté) mais de montrer la réalité brute afin de comprendre cette page de l’histoire.  Mission accomplie.

 

Et voici la bande d'annonce :

 

 

 

Par Morgan - Publié dans : Lecture et DVD - Communauté : Europe
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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 15:50

defense-europeenne.jpgAlors que se déroule le sommet de Copenhague et que plus personne ne nie l’existence du réchauffement climatique et les répercutions écologiques dramatiques, on oublie souvent les implications de celui-ci sur la géostratégie.

Ainsi l’accès à l’Arctique sera nettement facilité dans les décennies qui viennent.  Il y a encore quelques années, les scientifiques les plus pessimistes prévoyaient une fonte des glaces de l’Arctique à l’horizon 2100.  Ensuite, on avança la date de 2040, et la Nasa prit tout le monde de court récemment en citant la date de 2015 !  Sans vouloir jouer Nostradamus, il ne faut pas être grand clerc pour s’apercevoir que les glaces fondent très rapidement  et que bientôt le paysage nordique sera irrémédiablement bouleversé (il faut dire que la masse totale des glaces polaires représente aujourd'hui la moitié de ce qu'elle était il y a quatre ans.).

 

Or l’Arctique regorge de ressources utiles (pétrole, gaz, poisson, et même forêts si on compte la région subarctique), certains pays comme la Russie, le Canada, la Norvège ou le Danemark tente de renforcer un maximum leurs positions tant par une présence sur place (on parle d’un contingent russe positionné en Antarctique et opérationnel d’ici 2020) que par des moyens légaux (beaucoup de territoires riches en minéraux sont en zones neutres et pourraient faire l’objet de litiges.)

Pour se rendre compte de l’importance des ressources de l’Arctique, il suffit de dire qu’on estime que les réserves de pétrole, pour la seule zone à laquelle prétend la Russie, se montent à environ 600 milliards de barils, soit, à titre de comparaison, le double de celles de l'Arabie Saoudite.

 

Mais si la fonte des glaces permet d’exploiter les sous sols de l’Arctique, elle permettra aussi de tracer des routes commerciales capitales d’un point de vue économique.  En effet, il apparaîtra alors sur les cartes du monde, un tout nouvel itinéraire entre l’Europe et l’Asie.

Comme le faisait remarquer nos confrères de Ria Novosti « Un navire qui emprunterait cet itinéraire pour rallier, par exemple, le Japon depuis les Pays-Bas, devrait parcourir environ 14.000 km, alors que cette distance serait de 20.000 km via le canal de Suez et l'océan Indien, et de 24.000 km via l'Atlantique, le canal de Panama et le Pacifique. Sans compter que les très gros navires, qui ne peuvent passer par le canal de Panama ou de Suez, sont contraints de contourner l'Afrique et de parcourir environ 27.000 km. »

 

On se rend compte de l’importance de ces nouvelles routes qui pourraient faire gagner des semaines de voyages aux transporteurs.  Des ports surgiront sur le parcours, ports et routes qu’il faudra protéger des pirates, des contrebandiers et des terroristes.

 

Heureusement, si on ne peut exclure une compétition entre les différents protagonistes situés autour de l’Arctique, une coopération à grande échelle est également mise sur pied.  En avril de cette année, le ministre russe des Ressources naturelles Iouri Troutnev et le ministre norvégien du Pétrole, Terje Riis-Johansen ont passé en revue, lors d'une rencontre à Moscou, la coopération des deux pays dans la mise en valeur du plateau continental.

Les perspectives du partenariat stratégique entre Moscou et Oslo dans le domaine de l'énergie et de l'exploitation des gisements d'hydrocarbures sur le plateau continental de la mer de Barents ont été examinées.  Ainsi la zone contestée entre la Russie et la Norvège dans la Mer de Barents pourrait faire l'objet d'une exploitation conjointe. 

Par Morgan - Publié dans : Arctique - Communauté : Europe
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 22:22

eurocorps.gifJ’ai ressenti le besoin de faire ce blog d’abord pour partager mon intérêt pour la pensée stratégique, pour l’histoire et l’actualité militaire.

Ensuite, grand promoteur d’une Europe forte, je suis convaincu que l’union des différents pays qui la composent ne pourra être complète que par la mise au point d’une défense commune, d’une police commune et d’une commune doctrine de puissance.

Je suis convaincu qu’il est temps de laisser tomber les vieux nationalismes et les régionalismes stériles et enfantins afin de construire une identité européenne riche de son histoire et de son héritage commun.  Or, cette identité ne pourra pas se construire sur l’économie qui ne s’embarrasse pas de conscience et de solidarité communautaire.  Cette identité se construira sur l’échange culturel d’une part et la collaboration militaire et policière d’autre part.

Ce blog ne se veut pas particulièrement « objectif » si tant est qu’une telle chose est possible, ce blog tente de comprendre et de défendre les intérêts occidentaux en général et européen en particulier         

Par Morgan - Publié dans : Pourquoi ce blog ?
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